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Carte méditerranéenne : bleu, terre cuite et blanc délavé par le soleil

Concevoir une carte méditerranéenne qui évoque une cuisine du littoral plutôt qu'une brochure : palette à trois couleurs qui s'imprime, papier chaud et ornement du carreau.

La Méditerranée est la cuisine la plus surillustrée d'Europe. Branches d'olivier, citrons, barques de pêche et coupoles blanchies apparaissent sur tant de cartes qu'ils ne veulent plus rien dire. Pourtant, le langage visuel du littoral, de Marseille à Naples, des Cyclades à Valence, est réellement riche et peut produire une carte qui donne l'impression du soleil sur une terrasse de pierre. La différence tient à prendre la palette, les matières et la géométrie dans de vrais lieux et à laisser les cliparts derrière soi. Voici comment construire cette carte et la faire imprimer telle qu'elle apparaît à l'écran.

La palette : trois couleurs prises au paysage

La palette méditerranéenne n'est pas turquoise et orange vif. Regardez la photo d'un vrai village côtier à quatre heures de l'après-midi : les blancs sont chauds et légèrement gris, les bleus sont profonds et poudrés plutôt qu'électriques, et les tons de terre sont le brun-rouge de l'argile cuite, pas la mandarine. Construisez vos trois couleurs à partir de là.

  • Un blanc délavé comme base : pas le blanc du papier mais un blanc cassé chaud, environ 3 % de cyan, 3 % de magenta, 8 % de jaune, 0 % de noir, ou mieux encore un carton non couché blanc naturel qui a ce ton sans impression.
  • Un bleu de mer ou de volet comme couleur principale : autour de 90 % de cyan, 60 % de magenta, 10 % de jaune, 20 % de noir. Il s'imprime de façon fiable et se lit bleu, pas violet, sous une lumière chaude.
  • Une terre cuite comme accent : autour de 20 % de cyan, 70 % de magenta, 85 % de jaune, 15 % de noir. Pour les titres de rubriques, un filet sous le nom ou un seul plat mis en avant.

Le bleu comme la terre cuite tiennent confortablement dans le gamut Fogra39, ce qui rend cette palette tolérante à l'impression. Le piège est de pousser l'une ou l'autre plus vive pour l'écran ; l'impression perdra cette vivacité et atterrira sur moutarde et violet.

Le papier : chaud, non couché, un peu lourd

Ce style dépend d'un papier qui ressemble à du plâtre ou du lin plutôt qu'à du plastique. Choisissez un carton non couché blanc naturel ou crème, 300 à 350 g, à surface lisse ou légèrement texturée. Le couché et toute finition brillante travaillent immédiatement contre l'ambiance ; un pelliculage mat soft-touch est la seule protection acceptable si la carte doit survivre à l'air marin et aux doigts pleins de crème solaire en terrasse.

Comme le papier non couché absorbe l'encre, imprimez le bleu et la terre cuite en aplats plutôt qu'en tramés ; un bleu à 40 % sur non couché devient inégal et gris. Réservez les grands aplats à la couverture et laissez les pages intérieures essentiellement en papier avec de petites touches de couleur.

L'ornement : le carreau, pas le citron

Chaque culture méditerranéenne a une tradition du carreau : les azulejos portugais, les motifs andalous hérités du zellige, les riggiole napolitaines, les frises géométriques des chapelles des îles grecques. Ils offrent une source d'ornement légitime, géométrique, répétable et régionale sans être un dessin animé. Utilisez un seul motif de carreau en bande le long d'un bord de la couverture, sur 10 à 15 mm, en bleu sur blanc ou blanc sur bleu, et nulle part ailleurs.

Si vous voulez un élément figuratif, un seul dessin au trait à la main, en une couleur, fait plus qu'une douzaine de pictogrammes : une sardine, une branche de thym, le profil du port. Commandez-le ou dessinez-le, gardez-le sous 40 mm et placez-le une fois. Jamais de photo de coucher de soleil, jamais d'olive de banque d'images.

Une typographie qui a de la chaleur

Les enseignes méditerranéennes sont peintes à la main ; une carte qui s'en inspire doit garder une irrégularité humaine dans les titres : une serif humaniste un peu condensée ou un nom de restaurant lettré à la main, en bleu de volet, en corps 24 à 36. Le texte courant reste discipliné : une serif de labeur lisible ou une humaniste en corps 10 à 10,5, en bleu très sombre ou presque noir, jamais dans la couleur d'accent. Les prix s'alignent à droite ; les points de conduite sont ici acceptables et même justes, parce qu'ils rappellent l'ardoise du marché.

Les noms de rubriques dans la langue d'origine donnent de la texture : « Meze », « Antipasti », « Tapas » peuvent surmonter la traduction en petites capitales. Faites-le seulement pour les cuisines que vous pratiquez ; un mot grec sur une carte française qui ne sert rien de grec est une décoration, pas une information. La formule du midi garde en revanche son nom français, en tête de la carte, parce que c'est ce que cherche le client de semaine.

Une structure pour le partage et les longs déjeuners

Les cartes méditerranéennes s'organisent autour du partage et du poisson de saison, ce qui a deux conséquences de mise en page. D'abord, les rubriques suivent la façon dont la table mange, petites assiettes puis grandes puis grillades de poisson et de viande, plutôt que l'ordre entrée-plat-dessert. Ensuite, la rubrique poisson a besoin d'une convention « prix du marché » ou « les 100 g » claire et honnête : indiquez l'unité et, si le prix varie, imprimez « selon arrivage » plutôt que de laisser un vide. Les 14 allergènes du règlement 1169/2011 s'appliquent à chaque assiette partagée ; prévoyez la légende dès le départ.

Un format pour la terrasse et le vent

  1. Une feuille A4 ou A5 seule sur carton 350 g s'envole ; un plié avec le pli en haut ou une carte dans un simple support en bois reste en place.
  2. L'impression recto seul laisse le verso libre pour la liste du poisson du jour, écrite à la main dans un cadre vide ou imprimée en encart séparé.
  3. Arrondissez les coins à 3 mm si la carte vit dehors ; les angles vifs d'un carton épais s'effilochent en quinze jours.
  4. Commandez de plus petites quantités plus souvent ; le soleil décolore sensiblement la terre cuite et le bleu en une saison.

Faire monter le littoral sur la carte

La carte qui fonctionne prend trois couleurs au vrai paysage, les imprime en aplats sur un non couché chaud, emprunte une frise de carreaux plutôt qu'un citron et garde une typographie chaleureuse mais disciplinée. Elle doit être chez elle à côté d'une carafe de rosé et d'une coupelle d'olives, et rester lisible quand le soleil est à la verticale. Dans Menu Atelier, le style Mediterranean part de cette palette et de cette grammaire de frise, et vous voyez dans l'aperçu 3D comment le bleu et la terre cuite se posent sur un carton blanc naturel avant de choisir entre une feuille simple pour la terrasse et un A5 plié pour la salle.

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