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Comment créer la carte de son restaurant, étape par étape

Une méthode ordonnée en huit étapes pour créer la carte d'un restaurant : trier les plats, choisir le format, régler la typographie, placer les prix et préparer l'impression.

La plupart des cartes sont conçues à l'envers : quelqu'un ouvre un modèle, colle les plats dedans et passe trois soirées à déplacer des blocs jusqu'à ce que tout rentre. Le résultat fonctionne, à peu près, jusqu'au prochain changement de prix. La méthode ci-dessous est celle qu'un professionnel suit, et elle est volontairement chargée au début : les trois premières étapes ne demandent aucun logiciel. Suivez-les dans l'ordre et la mise en page elle-même prend un après-midi au lieu d'une semaine.

Étape 1 : faire le tri des plats avant de dessiner quoi que ce soit

Imprimez votre liste actuelle et passez-la au stylo. Pour chaque plat, notez trois choses : sa fréquence de vente, sa marge en euros (pas en pourcentage) et si son nom se comprend sans explication. Vous cherchez les plats qui se vendent peu et rapportent peu. Supprimez-les ou basculez-les sur l'ardoise des suggestions. Une carte de 22 à 30 plats est plus facile à mettre en page, à cuisiner et à lire qu'une carte de 45.

Ensuite, corrigez les textes. Des noms de plats de deux à cinq mots, des descriptions de huit à quinze mots qui listent les composants principaux, aucun adjectif qui ne décrive pas une technique ou une origine. C'est aussi le moment de décider des codes allergènes, parce qu'ils prennent de la place et doivent être prévus au titre du règlement européen 1169/2011.

Étape 2 : choisir le format d'après le nombre de mots

Comptez les mots de votre liste nettoyée. Jusqu'à 350 mots environ, une feuille A4 simple en corps 10,5 pt avec des espacements généreux suffit. Entre 350 et 700 mots, il faut un A4 recto verso ou un A5 dépliant à quatre faces. Au-delà, vous entrez dans le livret multipage, qui est un autre projet avec un autre budget. Ne luttez pas contre le compte. Si les mots ne rentrent pas dans le papier, changez l'un des deux.

Pensez aussi à la manipulation. Une feuille simple sous pochette vit plus longtemps dans un bistrot à forte rotation ; un dépliant sur carte 350 g convient à un service du soir où la carte reste sur la table. Les formats de la famille ISO 216 (A4 210 × 297 mm, A5 148 × 210 mm) s'impriment à bas coût partout en Europe ; les formats inhabituels coûtent plus cher et gaspillent du papier.

Étape 3 : rassembler les éléments de marque

Récupérez le logo en fichier vectoriel, les couleurs exactes de la marque en valeurs CMJN, et les photos que vous comptez utiliser à 300 dpi minimum à la taille imprimée. Une photo de 1200 px de large s'imprime proprement sur 10 cm environ, pas plus. Si votre seul logo est une capture d'écran Instagram, arrêtez-vous et retrouvez l'original ; un logo flou sabote tout le reste de la page.

Écrivez une phrase qui décrit l'ambiance, avec les mots que vous emploieriez avec un ami : trattoria de quartier chaleureuse, bar à cocktails tranchant, comptoir japonais apaisé. Cette phrase guide chaque choix suivant, de la police à la finition du papier, et empêche le design de dériver vers un look générique.

Étape 4 : construire le système typographique

Deux polices, trois tailles maximum chacune. Un jeu de travail courant pour une carte du soir en A4 :

  • Titres de section : 14 à 18 pt, dans la police de titrage ou en petites capitales de la police de texte.
  • Noms de plats : 11 à 13 pt, graisse medium ou demi-gras de la police de texte.
  • Descriptions : 9,5 à 11 pt, graisse normale, souvent en italique ou dans un gris plus clair (70 à 80 % de noir, jamais moins).
  • Prix : même taille que les noms de plats, même graisse ou un cran plus léger, chiffres tabulaires pour que les colonnes s'alignent.
  • Mentions légales et légende des allergènes : 7 à 8 pt, un seul bloc, en bas de la dernière face.

Réglez l'interlignage à 120-135 % du corps pour les descriptions. Plus serré, les descriptions sur plusieurs lignes deviennent un pavé gris ; plus lâche, le nom du plat se détache de sa propre description.

Étape 5 : poser la grille et placer les sections

Fixez d'abord les marges : 12 à 15 mm sur A4, 10 à 12 mm sur A5, avec 3 à 5 mm de plus du côté qui rencontre un pli. Décidez d'une ou deux colonnes. Placez ensuite les sections dans l'ordre du repas, avec le plat que vous voulez le plus vendre en tête du bloc principal de la première face, ou en haut à droite d'une double page. Chaque section reçoit plus d'espace au-dessus de son titre qu'en dessous, pour que le titre appartienne visiblement à ce qui suit.

Laissez la page respirer. Une mise en page qui remplit 70 à 80 % de la surface avec du texte et laisse le reste en marges et en respirations entre sections paraît volontaire. Une qui en remplit 95 % ressemble à un tableur.

Étape 6 : placer les prix de façon cohérente

Choisissez une convention et appliquez-la partout : alignés à droite en colonne, ou à la suite de la description. Mêmes décimales d'un bout à l'autre, nombres entiers ou deux décimales avec la virgule (14,50). Supprimez le symbole euro si la devise est évidente et que la page est plus propre sans lui. Ne mettez jamais les prix en gras ; c'est le plat que vous vendez.

Étape 7 : relire sur papier, à taille réelle, dans la salle

Imprimez la maquette sur l'imprimante du bureau, coupez-la au format et emportez-la en salle le soir, avec l'éclairage du service. Lisez-la assis. Si vous plissez les yeux sur les descriptions, montez d'un demi-point. Demandez à un collègue qui ne l'a pas vue de trouver trois plats et leurs prix pendant que vous chronométrez. Puis relisez chaque ligne pour les coquilles et vérifiez que chaque prix correspond à la caisse.

Vérifiez aussi la couleur. Une imprimante de bureau n'est pas calibrée, mais une carte qui paraît terne sur une laser bon marché ne sera pas belle sur du carton couché non plus. Les fonds sombres en particulier méritent un contrôle ; un bleu marine profond à l'écran sort souvent en gris-bleu éteint sans valeurs CMJN correctes.

Étape 8 : préparer les fichiers d'impression

  1. Exporter un PDF à 300 dpi avec les polices incorporées ou vectorisées.
  2. Ajouter 3 mm de fond perdu sur tous les côtés et inclure les traits de coupe.
  3. Convertir les couleurs en CMJN avec un profil standard comme Fogra39 (ISO Coated v2) pour les papiers couchés.
  4. Garder le texte à 5 mm minimum du bord de coupe et à 5 mm de tout pli.
  5. Vérifier que le taux d'encrage total des fonds sombres reste sous 300 % environ pour éviter les problèmes de séchage.
  6. Nommer le fichier avec la version et la date pour que personne n'imprime l'ancienne carte.

Ce que la méthode vous rend la saison suivante

Le premier passage par ces huit étapes est le plus coûteux. Une fois le format, le système typographique et la grille en place, une mise à jour saisonnière se limite aux étapes un et sept : réviser la liste, insérer les nouveaux plats, relire, exporter. C'est un travail de deux heures, pas une nouvelle création. Menu Atelier compresse les étapes quatre à huit : vous collez votre liste de plats, téléversez le logo et quelques photos, décrivez l'ambiance, et la mise en page est générée avec la hiérarchie typographique et la convention de prix déjà appliquées. Vous pouvez ensuite la tourner en 3D, passer d'une feuille A4 à un dépliant A5 en un clic, et exporter un dossier d'impression où fond perdu, traits de coupe et CMJN sont gérés pour vous.

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