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Tendances du design de carte à suivre (et celles à ignorer)

Quelles tendances de design de carte améliorent lisibilité et ventes, lesquelles sont de la mode, et comment en adopter une sans tout redessiner.

Les tendances du design de carte bougent plus lentement que la mode et plus vite que l'architecture, à peu près sur un cycle de cinq ans. Une partie de ce qui est à la mode aujourd'hui paraîtra datée au moment de la réimpression ; une autre est une amélioration réelle qui deviendra simplement la norme. La bonne question n'est pas de savoir si une tendance est actuelle, mais si elle rend la carte plus facile à lire, moins chère à mettre à jour, ou plus honnête sur le restaurant. Voici le tri d'un graphiste dans ce qui circule : à garder, à manier avec précaution, à laisser de côté.

À adopter : mise en page éditoriale et moins de mots

La direction la plus forte du moment emprunte aux magazines et aux livres de petits éditeurs : une seule police bien choisie, des marges généreuses, des titres en capitales interlettrées, et des descriptions réduites aux composants. C'est une tendance parce que la gastronomie l'a popularisée, mais elle mérite d'être adoptée parce qu'elle fonctionne à tous les niveaux de prix. Une carte de bistrot réécrite ainsi perd environ un tiers de ses mots et gagne en lisibilité.

L'habitude voisine de supprimer les symboles monétaires et les points de conduite est aussi là pour rester. Les deux retirent du bruit de la page et les deux sont soutenues par ce que l'on sait de la manière dont les clients lisent les prix.

À adopter : papiers honnêtes et finitions tactiles

Cartons non couchés, blancs naturels, pelliculages mats soft-touch et grammages plus lourds (350 g plutôt que 250) ont remplacé les cartes brillantes presque partout hors restauration rapide. C'est une tendance au sens où c'est récent, mais elle est portée par quelque chose de réel : une carte se manipule, et une surface mate, légèrement texturée, est plus agréable et cache les traces de doigts. Elle va rester. La seule réserve est le coût ; un dépliant 350 g soft-touch coûte plus qu'une feuille simple pelliculée, il convient donc aux cartes qui changent chaque mois plutôt que chaque jour.

Avec précaution : les fonds sombres

Les cartes noires ou bleu nuit avec texte clair se sont répandues des bars à cocktails aux restaurants de toutes sortes. Elles sont photogéniques et évoquent le soir. Les coûts sont réels : le texte en réserve doit être plus grand et plus gras, la couverture d'encre est élevée, et la moindre rayure se voit. Réservez-les à la couverture, ou à une carte de bar, et gardez les pages de plats claires, sauf si la salle est vraiment sombre et la carte remplacée souvent.

Avec précaution : l'illustration plutôt que la photo

Le dessin à la main a remplacé la photo culinaire sur la plupart des cartes de restaurants indépendants, et pour de bonnes raisons : les photos datent vite, s'impriment mal sur papier non couché et donnent un air de chaîne. L'illustration vieillit mieux et s'imprime sur n'importe quoi. Le risque, c'est le look banque d'images vectorielles. Commandez deux ou trois motifs à un vrai illustrateur, ou n'en mettez aucun ; un citron au trait générique est pire qu'un blanc.

Avec précaution : QR codes et cartes hybrides

La carte uniquement par QR code de l'époque du confinement a largement reculé, et la forme actuelle est hybride : une carte imprimée à table avec un petit QR code pour le détail des allergènes, la carte des vins ou la commande. C'est raisonnable. Le code doit être petit (15 à 20 mm), placé au dos ou en bas de la dernière face, et imprimé en une seule encre sombre sur fond clair pour qu'il se scanne. Un QR code en couverture, ou comme seul moyen de voir la carte, est une tendance que la plupart des clients ont rejetée.

À laisser de côté : les modes passagères

Certains looks actuels ne survivront pas à un cycle de réimpression.

  • Les graisses ultra-fines pour le texte courant. Raffinées sur un écran haute définition, elles disparaissent sur papier en lumière chaude.
  • L'interlettrage extrême sur du bas de casse. Acceptable pour un titre de trois mots, illisible pour un nom de plat.
  • Les dégradés et les traitements photo bichromie. Ils dérivent de façon imprévisible en CMJN et ont déjà l'air d'une année précise.
  • Les cartes conçues comme des affiches : un plat énorme, tout le reste minuscule. Impressionnant sur Instagram, impraticable à table.
  • Les polices ironiques ou fantaisie. Une carte se lit de nombreuses fois ; la blague ne fonctionne qu'une fois.

Adopter une tendance sans tout refaire

L'erreur est de reconstruire l'identité chaque fois qu'une tendance apparaît. Une meilleure approche sépare le permanent du saisonnier. Permanent : la police, le logo, la grille, la convention de prix. Ceux-là changent au plus tous les cinq à sept ans. Saisonnier : la couleur du papier, une couleur d'accent, une illustration, le traitement de la couverture. Ceux-là peuvent suivre une tendance et changer avec la carte elle-même à faible coût.

  1. Fixez d'abord le système typographique et la grille, sous une forme que vous accepteriez encore dans cinq ans.
  2. Choisissez un élément tendance par an, en général le papier ou la couverture, et laissez-le porter la fraîcheur.
  3. Testez le changement sur une épreuve imprimée en salle avant de lancer un tirage.
  4. Conservez les fichiers de l'ancienne version ; une tendance qui vieillit mal est plus facile à annuler qu'à justifier.

Les tendances sont un filtre, pas un modèle

Les cartes qui paraîtront actuelles dans cinq ans seront celles qui ont utilisé les tendances pour retirer des choses plutôt qu'en ajouter : moins de mots, un meilleur papier, des prix plus discrets, une bonne police. Traitez tout le reste comme une décoration saisonnière qui peut changer avec les plats. Dans Menu Atelier, les huit styles de départ couvrent l'éventail de la gastronomie éditoriale à la chaleur du café à l'ardoise, chacun construit sur un système typographique et une grille stables, et comme changer de format ou de couleur d'accent est un clic et non une refonte, suivre une tendance sur la couverture ne veut pas dire toucher aux parties de la carte qui doivent rester en place.

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