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Rainage et pliage : pourquoi les cartes pliées se fendent et comment l'éviter

Pourquoi le pli d'une carte dépliant craque et laisse une ligne blanche, ce que fait vraiment le rainage, quels cartons se plient proprement et comment dessiner le dos.

Prenez une carte pliée en deux qui traîne sur les tables depuis une semaine et regardez le dos. S'il y a une ligne blanche déchiquetée le long du pli, le carton s'est fendu au pliage, et tous vos clients lisent depuis le premier jour une carte qui a l'air usée. La solution n'est pas un papier plus lourd, qui aggrave le problème, ni un papier plus fin, qui rend la carte molle. C'est un vrai rainage avant le pliage, plus deux ou trois habitudes de maquette autour du dos. Voici ce qui se passe réellement dans le carton, et ce qu'il faut demander à votre imprimeur.

Ce qui craque, et pourquoi les cartons épais craquent davantage

Le papier est un matelas de fibres tenues par des liaisons hydrogène. Quand on plie une feuille, l'extérieur du pli s'étire et l'intérieur se comprime. Sur un 120 g, l'étirement est minuscule et les fibres encaissent. Sur un carton de 350 g, la surface extérieure doit s'étirer autour d'une âme beaucoup plus épaisse, les fibres du dessus cassent, et la couche ou le toner qui repose dessus s'ouvre. Cette ouverture, c'est la ligne blanche : de la fibre nue là où il y avait de l'encre.

Deux facteurs aggravent le phénomène. D'abord le sens de la fibre : le papier se plie proprement dans le sens de la fibre et résiste en travers. Un dépliant dont le pli court contre la fibre craquera même avec un bon rainage. Ensuite, les couches et le toner numérique sont des films cassants ; plus il y a d'encre sur le dos, plus la fracture est visible. Une couverture sombre sur un carton couché épais, pliée à contre-fibre sans rainage, c'est le pire cas, et c'est aussi la carte la plus répandue sur les tables de restaurant.

Rainage et refoulage : ce n'est pas la même chose

Les deux mots se mélangent, mais les procédés diffèrent, et la différence compte sur une carte. Le rainage à la molette est une entaille ou une empreinte peu profonde faite par une roulette ou une lame ; il affaiblit la surface pour que le pli se fasse où on veut. Le rainage à filet et matrice, souvent appelé refoulage, presse le carton entre une contrepartie et un filet, déplaçant les fibres dans un canal arrondi sans les couper. Le canal comprime l'âme pour que la surface extérieure n'ait pas à s'étirer autant.

  • Rainage rotatif à la molette : rapide, économique, correct jusqu'à 200-250 g. Sur du 350 g, il laisse une charnière qui craque quand même sur un papier couché.
  • Rainage à filet et matrice (typo ou raineuse) : la norme à partir de 300 g. Le canal garde le toner intact et le pli s'ouvre à plat.
  • Sens du pli après rainage : le bourrelet de la raine doit se trouver à l'intérieur du pli. Pliez dans le mauvais sens et vous annulez le bénéfice.

Demandez à votre imprimeur s'il raine à la molette ou au filet, et sur quelle machine. Si la réponse est une molette sur la plieuse, attendez-vous à des craquelures visibles sur un carton couché de 350 g. Si la réponse est un rainage à matrice, tout va bien. Règle simple : au-dessus de 250 g, il faut un vrai rainage ; au-dessus de 300 g, sans exception.

Les cartons qui se plient proprement

Les cartons non couchés se plient mieux que les couchés parce qu'il n'y a pas de couche de surface cassante à fendre. Un 300 g non couché rainé à la matrice se pliera presque sans dommage visible, même sous un aplat sombre. Les couchés mats et demi-mats sont au milieu. Les couchés brillants et tout ce qui porte un pelliculage plastique sont les plus fragiles au dos ; les cartes pelliculées fendent souvent le film lui-même, qui se décolle ensuite.

L'impression numérique au toner craque plus au pli que l'encre offset, parce que le toner fusionné est une couche plastique posée en surface plutôt qu'une encre absorbée. Si vous imprimez en numérique, ce qui est le cas de la plupart des petits tirages de cartes, le rainage devient obligatoire, et un vernis soft touch ou mat par-dessus le toner ajoute de la souplesse et masque les microfissures. Un sens de fibre parallèle au pli est l'autre moitié de la recette ; un bon imprimeur impose le travail ainsi sans qu'on le lui demande.

Dessiner un dos qui pardonne

Même un rainage parfait montrera une légère usure après des semaines d'ouverture et de fermeture, donc la maquette ne doit rien placer de fragile sur le pli. Les fonds sombres à bords perdus sont le coupable évident ; un cheveu blanc sur une couverture noire se voit depuis l'autre bout de la salle, la même fissure sur un fond crème disparaît.

  1. Gardez une zone de 6 à 8 mm de chaque côté du pli sans texte, sans logo et sans filets fins. Rien ne doit avoir à survivre au rainage.
  2. Si la couverture est un aplat sombre, envisagez d'arrêter la couleur 3 mm avant le pli ou de faire courir une bande plus claire le long du dos, qui se lira comme un parti pris.
  3. Évitez les dégradés et les photos qui traversent le pli sur une couverture de dépliant ; la rupture de ton au rainage passe pour un défaut d'impression.
  4. Choisissez un carton plus léger pour les pages intérieures si la carte est un livret de deux feuilles ; 250 g dedans, 350 g en couverture est un classique qui se plie mieux.

Un dernier détail venu du prépresse : vérifiez la position du pli dans le fichier. Sur un A4 plié en deux, le dos tombe exactement à 148,5 mm du bord rogné ; si votre gabarit est décalé d'un seul millimètre, la raine atterrira dans la marge d'une face et au ras du bord de l'autre, et les volets paraîtront inégaux une fois fermés. Placez le pli avec un repère, pas à l'œil.

Ce qu'il faut vérifier à la réception des cartes

Ouvrez le carton, fermez une carte puis rouvrez-la à plat cinq ou six fois. Regardez le dos sous l'éclairage de la salle, pas à la lumière du jour, parce que c'est là que vos clients le verront. Une fine ligne mate est normale sur n'importe quel carton et disparaît à l'usage. Une ligne blanche ou grise qui accroche la lumière est une craquelure, et elle ne fera qu'empirer. C'est à ce moment qu'il faut parler à votre imprimeur, pas après cent cartes passées en salle.

Exigez un rainage à matrice, pas à la molette, sur tout carton de plus de 250 g, insistez sur un sens de fibre parallèle au pli, et tenez votre maquette à 6 mm du dos. Menu Atelier imprime ses dépliants sur un carton mat de 350 g avec un pli rainé avant pliage, et la finition soft touch estompe les petites marques de surface que tout carton épais montre au dos ; quand vous prévisualisez la carte en 3D, le pli est placé au centre exact, si bien que votre maquette et la raine tombent d'accord.

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