Combien coûte l'impression d'une carte de restaurant ?
Prix réels d'une carte imprimée en Europe : papier, quantité, finition, reprints, et un budget annuel crédible pour une salle de 40 couverts.

Demandez trois devis pour quarante cartes A5 à rabat et vous obtiendrez 80 €, 220 € et 480 €. Personne ne ment. On ne chiffre pas le même papier, ni la même finition, ni le même tirage, ni la même hypothèse sur le jour où le tartare de saumon sortira de la carte. Cet article met des euros sur chaque levier pour que vous lisiez un devis, construisiez un budget annuel, et cessiez de prendre la ligne la moins chère pour l'année la moins chère.
De quoi est vraiment faite une carte imprimée
Une carte n'est pas un flyer. Le flyer est un 130 ou 170 g couché, imprimé en gangue avec vingt autres jobs, massicoté à 2 mm près et oublié. Une carte se tient, se plie, s'essuie, s'empile et se tend chaque soir. Le papier doit encaisser ça. Le pli doit survivre. L'encre doit rester quand un verre humide pose vingt minutes sur la couverture.
La pile de coût, c'est le papier, l'impression, la finition, et le fichier qui alimente la presse. Le papier devient souvent la plus grosse ligne dès qu'on quitte le stock flyer. Un 350 g coûte plusieurs fois le 170 g couché à la feuille, et un rabat A5 occupe une feuille assez grande pour deux faces plus le fond perdu. L'impression numérique est peu chère à quarante exemplaires et à peine moins chère à deux cents ; l'offset ne gagne qu'au-delà de quelques centaines de feuilles identiques. La finition est l'addition silencieuse : rainage du pli, pelliculage soft-touch, coins arrondis, fenêtre découpée. Chaque geste est un passage.
Le design est la ligne que la plupart des patrons oublient de mettre dans la même colonne. Un fichier sans 3 mm de fond perdu, en RVB, avec un logo à 72 dpi, coûte une heure de sauvetage avant d'imprimer. Cette heure est facturée ou diluée dans le prix unitaire. Un PDF prêt à imprimer à 300 dpi, avec fond perdu et traits de coupe, supprime cette heure.
Le piège du prix unitaire
Les devis sont rédigés à l'exemplaire parce que c'est ainsi que les presses sont tarifées. Votre année, elle, ne se tarife pas à l'exemplaire. Si vous tirez 200 cartes à 1,40 € parce que le prix unitaire avait l'air bon, et que vous changez quatre plats six semaines plus tard, vous jetez l'essentiel de la pile et vous réimprimez. Deux reprints de 80 exemplaires à 2,80 € auraient coûté moins cher, avec moins de cartons de prix d'hier.
Règle utile pour une salle de 40 couverts : tirez ce que vous userez vraiment avant la prochaine réécriture, plus une petite réserve. Souvent 40 à 80 exemplaires, pas 250. Le numérique court tirage est fait pour ça. L'offset et les gangs numériques longs sont faits pour l'hôtel qui réimprime le même petit-déjeuner pendant un an.
Comptez les reprints avant de compter le prix unitaire. Un bistrot de quartier qui réécrit la carte chaque saison doit budgéter quatre événements d'impression par an, pas un. Une salle à menu dégustation qui change la séquence chaque semaine n'a pas à imprimer la carte dégustation en 350 g : cette carte est un insert 170 g glissé dans une couverture durable.
Le grammage et la finition bougent le chiffre plus que la couleur
Le quadri numérique sur 170 g couché, c'est le devis bas. Ça se tient aussi comme un flyer à emporter dès qu'un client le prend en main. Passez en 300 g ou 350 g offset ou non couché, et la feuille se comporte comme une carte : elle reste plane, elle prend un rainage, elle ne flotte pas tenue d'une main. Un pelliculage soft-touch ou un vernis mat aqueux ajoute 0,30 € à 1,20 € la face selon le tirage, et c'est la différence entre une carte fatiguée en trois semaines et une carte encore juste en trois mois.
Le 350 g coton ou feutré non couché est beau et assoiffé. Il boit l'encre, les aplats demandent un dépôt plus lourd ou un second passage, et il s'abîme si l'on saute une protection. Le kraft est moins cher à la feuille et plus difficile à imprimer : le fond brun tue le contraste, il faut soit rester en encres sombres, soit inonder un panneau de blanc d'abord. Les deux coûtent plus que l'économie de papier.
- 170 g couché, numérique, sans finition : le prix flyer, souvent sous 1 € la face à 100 exemplaires, faux pour une carte de salle.
- 300–350 g couché ou non couché, pli rainé : la vraie feuille de carte, typiquement 2 à 5 € le rabat fini en court tirage.
- Soft-touch ou film mat sur 350 g : la version dont on se souvient, un peu plus à l'exemplaire, beaucoup moins de remplacements.
- Papiers spéciaux (coton, kraft, coloré) : prévoyez 20 à 60 % de plus et un BAT, la couleur bascule.
Un budget annuel crédible pour 40 couverts
Prenez un petit bistrot. Une carte A5 à rabat pour les plats, une feuille A5 pour les vins, trois ou quatre reprints par an, 60 exemplaires à chaque fois. Sur 350 g mat avec pli rainé, un court tirage numérique de cette qualité tombe souvent entre 3 et 8 € la carte finie une fois la finition incluse, davantage avec coins arrondis ou pelliculage épais. À 60 exemplaires, un tirage se situe autour de 180 à 480 €. Quatre tirages, c'est 720 à 1 920 € par an pour la carte plats, plus une dépense plus légère pour la feuille vins si vous la gardez plus simple.
Cette fourchette est large parce que la finition et le papier dominent, pas parce que les imprimeurs inventent des chiffres. Le bas de fourchette, c'est un numérique propre sur un bon carton avec rainage. Le haut, c'est le soft-touch, un papier spécial, ou un atelier qui intègre un sauvetage de fichier. Si un devis passe sous 2 € pour un rabat 350 g fini en tirage de 40, relisez le grammage. Quelque chose est en 170 g, ou non protégé, ou le fichier part en gangue avec des flyers.
L'envoi dans l'UE pour un colis de 2 kg de carton, c'est généralement 12 à 25 €, pas une raison de choisir une mauvaise feuille. Ce qui fait vraiment bouger l'année, c'est la fréquence de reprint. Si vous réécrivez tous les mois, arrêtez d'imprimer toute la carte : imprimez une couverture durable une fois (8 à 15 € pièce, elle tient un an) et glissez un insert quotidien ou hebdomadaire bon marché. La formule du midi, elle, n'a rien à faire en 350 g si elle change chaque semaine.
Quand le devis bas est l'année chère
Les cartes cassent en salle, pas sur le bon de livraison. Le papier mince se gerce au pli en une semaine. Le pelliculage brillant prend les traces de doigts à la bougie et se décolle aux coins après le premier essuyage près du lave-vaisselle. Un fichier imprimé en RVB sur laser de bureau passe à l'écran et sort boueux sur table, donc on réimprime dans le mois. Ces reprints n'apparaissent jamais sur le premier devis.
L'autre coût silencieux, c'est le décalage. Si la formule du midi est un A4 photocopié et la carte du soir un rabat soft-touch, les clients lisent deux restaurants. Imprimer la feuille du midi dans la même famille 350 g, simplement en simple face, coûte un peu plus que la copisterie et tient la salle cohérente. C'est une décision de design qui se lit comme une ligne d'impression.
Les mises à jour allergènes ne sont pas optionnelles. Le règlement 1169/2011 se moque qu'il vous reste 180 exemplaires. Si un plat change, la ligne imprimée doit changer. Budgétez ça comme un reprint, ou concevez la carte pour que la partie volatile vive sur un insert. Les deux choix coûtent moins cher qu'une carte juridiquement périmée.
Mettre un chiffre sur la prochaine commande
Avant d'envoyer un fichier, écrivez quatre chiffres sur un coin de papier : les exemplaires que vous userez vraiment avant la prochaine réécriture, le grammage que vous n'aurez pas honte de tendre, la finition que l'on peut essuyer, et le nombre de fois cette année où vous recommencerez. Multipliez. C'est votre vrai chiffre. Comparez les devis à ça, pas au plus bas prix unitaire d'un tirage de 250 en 170 g.
Si vous voulez le fichier et l'impression au même endroit, Menu Atelier facture le pack téléchargeable 99 € (PDF à 300 dpi avec 3 mm de fond perdu et traits de coupe, plus les faces et le modèle 3D) et les cartes imprimées 99 € plus 10 € l'exemplaire, sur carton mat 350 g avec finition soft-touch et pli rainé sur les rabats, livrées dans l'UE en 5 à 8 jours ouvrés. Ces 10 € ne sont pas le flyer le moins cher du marché ; c'est une carte de salle finie, sans avoir à spécifier papier, pelliculage et rainage, parce que ces choix sont déjà faits.