Service, couvert et notes de bas de carte : le petit texte lisible
Comment composer service, couvert et mentions légales pour qu'on les lise : corps, emplacement, formulation, et les lignes qui évitent la dispute quand l'addition arrive.

Les six dernières lignes d'une carte font plus de mal qu'un mauvais titre. Un service que le client n'a pas vu, un couvert qui n'apparaît qu'à l'addition, une légende d'allergènes en 6 pt gris : c'est ainsi qu'un bon dîner finit en conversation que personne ne voulait. Le petit texte est encore de la typographie. Il a un corps, une place, et une formulation qui est claire ou qui est un piège. Cet article dit comment faire travailler ces lignes sans transformer le pied de la carte en contrat.
Service et couvert ne sont pas la même phrase
Service compris, un service discrétionnaire, un couvert, une location de salle : ce sont des faits différents. En France les prix sont en général service compris, et on le dit une fois, dans le même caractère que la légende d'allergènes, 8 pt, au pied de chaque face qui porte des prix. En Italie un coperto est courant et doit être un chiffre, pas une surprise. En Espagne un cubierto est moins universel ; si vous en prenez un, imprimez-le. N'empruntez pas la formulation d'un autre pays. Écrivez la règle que vous appliquez vraiment.
Une ligne, un fait. « Prix service compris » suffit quand c'est le cas. « Un service discrétionnaire de 12,5 % est ajouté ; demandez-nous de le retirer » suffit quand c'est la politique. « Couvert 2,50 €, pain compris » suffit quand vous prenez un couvert. Empiler trois politiques dans une phrase de 9 mots, c'est ainsi que personne n'en lit aucune. Si vous ne prenez pas de couvert, n'imprimez pas une ligne de couvert pour avoir l'air européen.
Corps, contraste, et pied de carte
Les notes vivent en 7 à 8,5 pt. Sous 7 pt elles échouent dans une salle à 80 lux, et elles échouent pour quiconque a passé cinquante ans. Elles restent dans la même famille que les descriptions, pas dans un gothic condensé qui a l'air d'une page de conditions. Le contraste est un presque noir sur le carton, pas un gris à 40 pour cent. Un petit texte gris est un design qui espère ne pas être lu. Si vous avez honte de la ligne, changez la politique, pas l'encre.
Placez le bloc 6 à 8 mm au-dessus de la coupe, dans la marge de sécurité de 5 mm, sur chaque face qui a des prix. Une ligne de service seulement au dos d'un deux-volets est une ligne que la moitié des clients ne retournera pas. Une ligne seulement sur la formule du midi et pas le soir, c'est ainsi qu'un habitué a une surprise à 21 h. Même formulation, même corps, chaque version.
- Une politique par ligne : service, couvert, allergènes, origine des viandes si elle est exigée
- 7–8,5 pt, presque noir, même famille que les descriptions, jamais gris
- Sur chaque face tarifée, dans la marge de sécurité, 6–8 mm au-dessus de la coupe
- Une formulation qui matche le pays et la politique que vous tenez vraiment
La légende d'allergènes n'est pas une décoration optionnelle
Le règlement 1169/2011 exige que les 14 allergènes soient disponibles. La forme imprimée la plus propre est une légende numérotée ou lettrée au pied, plus des numéros après les plats qui en ont besoin. Composez la légende dans le même 7 à 8 pt que la ligne de service, avec 2 mm entre les deux blocs pour qu'ils ne se lisent pas comme un seul paragraphe. Ne remplacez pas la légende par des icônes que vous avez inventées. Ne la cachez pas sur une feuille à part que le serveur sort sur demande, sauf si cette feuille est tendue à chaque table par principe.
Si un plat change et qu'un allergène apparaît, la légende du retirage doit matcher. Une carte laminée avec les numéros de mars et une cuisine qui a avancé est un problème légal. Datez la source. Réimprimez quand la liste change. À 99 € plus 10 € l'exemplaire, un petit tirage est moins cher qu'une plainte qui attendait dans la note.
Origine, TVA, et les lignes que la loi demande vraiment
Certains pays exigent l'origine de certaines viandes sur la carte ou sur un affichage. Si le vôtre le fait, mettez-la dans le même bloc, au même corps. La TVA comprise doit être évidente d'après les prix ; si vous montrez jamais des prix hors taxe, dites-le dans le même 8 pt, parce qu'un client supposera que le chiffre est ce qu'il paie. N'inventez pas de poésie juridique (« consommé à vos risques ») qu'aucun texte n'a demandée. Ça se lit comme de la peur et ça ne vous protège pas.
Une formulation qui évite la dispute
Écrivez comme si un client fatigué lisait au moment où on lui tend la carte, pas comme si un avocat lisait après une plainte. Des verbes courts. Pas de doubles négations. « Service compris » bat « tous les prix s'entendent établis sur une base service inclus ». « Demandez-nous de retirer le service » bat « le pourboire discrétionnaire peut être ajusté sur demande ». Si un membre de l'équipe ne peut pas dire la ligne avec les mêmes mots que la carte, la carte est trop maline.
Les suppléments appartiennent au plat, pas seulement au pied. « +8 €, 5 g de truffe » sous le nom est un fait. Une note qui dit « certains plats peuvent faire l'objet d'un supplément » est un brouillard. Le pied est pour les politiques qui s'appliquent à toute la carte. La ligne est pour les faits qui s'appliquent à une assiette.
Petit corps, grande honnêteté
Composez les politiques que vous tenez vraiment, à un corps qu'un client peut lire, sur chaque face tarifée, dans une langue qu'il emploierait. Voilà le petit texte. Tout le reste (encre grise, une ligne seulement au dos, une blague à la place d'un chiffre) est la façon dont une bonne cuisine perd les cinq dernières minutes de la soirée.
Dans Menu Atelier le pied fait partie de la mise en page : vous ajoutez la ligne de service, le couvert et la légende d'allergènes comme du contenu, et ils se recomposent quand vous passez de l'A4 à l'A5 ou de la feuille simple au deux-volets ; l'export 300 dpi les garde dans la marge de sécurité avec les 3 mm de fond perdu, pour que le petit texte survive à la coupe au lieu d'y disparaître.