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Versionner ses cartes : midi, soir, saisons, langues

Garder midi, soir, saison et langue comme une seule famille : ce qu'on verrouille, ce qu'on change, et comment nommer les fichiers pour ne plus imprimer la semaine dernière.

La plupart des restaurants n'ont pas une carte. Ils ont une carte du midi, une carte du soir, une liste de terrasse, un menu de décembre, et une traduction. Traités comme cinq jobs de design séparés, ces fichiers dérivent en un mois : le dîner espagnol a un titre plus gras que le déjeuner français, la carte des vins d'hiver est encore composée dans le caractère de l'été, et quelqu'un réimprime mars depuis un PDF sur le bureau. Versionner, c'est l'habitude sans glamour qui les garde en famille. Cet article dit ce qu'il faut verrouiller, ce qu'il faut faire varier, et comment nommer les fichiers pour que le mauvais mardi n'aille plus sous presse.

Verrouiller la famille, faire varier la densité

Une version n'est pas un nouveau design. C'est le même couple de polices, la même palette, le même logo à la même taille, le même poids de filet, sur une autre liste de plats ou un autre format. Le midi est en général plus dense et moins cher : une formule à 18–28 €, six à dix lignes à la carte, un dessert court. Le soir est plus long, avec plus de description et une colonne vins. Si vous redessinez le midi de zéro, vous aurez un café et un restaurant qui ne se reconnaissent pas à 17 h, quand les deux cartes sont sur la même table.

La liste de verrous est courte. Les polices et leurs corps pour titre, plat, description, prix. La couleur du carton et celle de l'encre. La largeur du logo en couverture, en millimètres, pas « à peu près ». Marge et gouttière. Une fois cela écrit, une réécriture de saison est un job de contenu, pas de design. On change les champignons contre les tomates. On ne change pas le serif.

Midi, soir, et le recouvrement de 16 h

Si les deux services tournent dans la même salle, les cartes doivent se distinguer d'un coup d'œil et rester évidemment parentes. Distinguez-les par un seul indice : un petit mot (Midi / Soir, ou l'horaire) sous le logo, ou un ton de papier de la même famille (blanc chaud à midi, un crème un peu plus profond le soir). Ne les distinguez pas par une autre police. Les clients qui restent verront la parenté ; l'équipe qui prend la mauvaise pile verra le mot.

Le format peut changer. Une formule du midi veut souvent une seule face A5 ; le soir veut un A4 ou un A5 deux volets. C'est une recomposition, pas un redesign. Gardez la même hiérarchie et laissez les colonnes s'adapter. Si la carte des vins du soir ne tient pas le format du midi, elle n'a rien à faire sur la carte du midi. Mettez-la au dos ou sur sa propre feuille, dans le même caractère.

  • Même police, couleur, taille de logo et poids de filet sur chaque version
  • Un seul indice visible qui nomme le service (mot ou ton de papier), jamais une nouvelle police
  • Recomposer entre A4, A5, feuille simple et deux volets plutôt que dessiner un second design
  • Vins, desserts et enfants en cartes satellites de la même famille, pas en jobs indépendants

Les saisons sans changement de costume

Une version saisonnière est la même carte avec une autre liste et, au plus, un décalage de palette : un vert un peu plus profond en novembre, un crème plus clair en mai. Ce n'est pas une nouvelle illustration de citrouilles, ni un voile d'or pour décembre. Les clients doivent reconnaître le restaurant en janvier. S'il vous faut une couverture de fête pour le réveillon, faites-en une carte d'une nuit et gardez l'à la carte de janvier dans la robe de la famille.

Planifiez le retirage avant d'écrire les plats. Un tirage de 50 exemplaires en 350 g à 99 € plus 10 € pièce est un vrai coût ; vous ne voulez pas réimprimer parce que les asperges sont arrivées une semaine trop tôt et que la carte dit encore petits pois. Laissez deux ou trois lignes en « poisson du marché » ou un encart daté si vos fournisseurs avancent plus vite que le cycle d'impression. L'encart doit être dans le même caractère au même corps, imprimé sur une feuille plus légère si besoin, jamais un post-it manuscrit sur une carte dessinée.

Langues : un design, plusieurs textes

Une carte française et une carte anglaise ne sont pas deux designs. C'est un design avec deux chaînes. Les descriptions gonflent et se contractent : l'allemand court souvent 20 pour cent plus long que l'anglais, le français est entre les deux, l'italien peut être plus court si l'on coupe les adjectifs. Dessinez pour la langue la plus longue, puis composez les autres dans la même justification. Ne resserrez pas le tracking de l'allemand pour le faire tenir ; coupez des mots.

Ne mélangez jamais les langues sur une ligne sauf si la salle est vraiment bilingue et que la seconde langue traduit la première, en graisse plus légère ou en corps plus petit. Un nom de plat en italien et une description en français est un choix ; un nom dans les deux, empilé, est en général du bruit. Les légendes d'allergènes du règlement 1169/2011 doivent apparaître dans une langue que le client peut lire. Si vous tendez une carte anglaise, la légende de cette carte est en anglais.

Les prix restent en euros

Ne créez pas une version sterling d'une carte parisienne, ni une version dollar d'une carte lisboète, sauf si vous encaissez vraiment dans cette monnaie. La conversion sur la carte est un cadeau aux disputes. Une monnaie, des chiffres tabulaires, le même style de décimales sur chaque version linguistique.

Nommer les fichiers pour que la semaine dernière ne s'imprime plus

Un dossier appelé Carte Finale Finale 2, c'est ainsi que mars se réimprime en juin. Utilisez un schéma que l'on peut trier : lieu, service, langue, date. Par exemple rivoli-soir-fr-2026-06-12. La date est celle du BAT contenu, pas celle où quelqu'un a exporté un PDF. Quand juin est validé, rangez mai dans une archive. Le fichier d'impression qui sort de la maison a un nom et une date.

Gardez une source, pas seulement un PDF. La source, c'est ce que vous éditerez en septembre. Le PDF, c'est ce que vous envoyez cette semaine. Si le seul fichier que vous avez est le PDF d'impression de l'hiver dernier, vous reconstruirez le design pour changer trois prix, et la reconstruction dérivera. Exportez un nouveau bundle depuis la source courante à chaque changement de liste. Une source, plusieurs sorties.

Une habitude hebdomadaire, pas un projet

Le versioning échoue quand on le traite comme un redesign. Il marche quand le changement de prix du mardi est une édition de cinq minutes sur la source du soir, une régénération du midi, et une nouvelle date dans le nom de fichier. La famille reste verrouillée. La pile sur le passe correspond. Le client venu en mars et revenu en octobre sait encore où il est.

Dans Menu Atelier vous gardez un design et changez de format en un clic, de l'A4 feuille simple à l'A5 deux volets, puis générez les variantes midi, soir ou langue à partir des mêmes plats et de la même ambiance ; la prévisualisation 3D et l'export 300 dpi avec fond perdu sont identiques d'une version à l'autre, donc la ressemblance de famille n'est pas un espoir, c'est le défaut.

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