Carte de bar à vins : au verre, à la bouteille et les assiettes
Concevoir la carte d'un bar à vins pour que l'on trouve un verre, une bouteille et de quoi manger, sans traiter la liste comme un catalogue ni comme un restaurant.

Un bar à vins n'est pas un restaurant avec une longue liste, ni une cave avec des tabourets. On vient boire un verre, parfois une bouteille, et manger juste assez pour que le second verre ait un sens. Les cartes qui s'ouvrent sur douze pages de vignerons perdent celui qui s'est assis pour un Chenin. Celles qui s'ouvrent sur un à la carte de bistro perdent celui qui est venu pour le vin. Le travail de design, c'est la coupure : les verres d'abord, les bouteilles ensuite, les assiettes comme une troisième voix, pas une rivale.
Le verre est la porte d'entrée
Huit à seize vins au verre, c'est la fourchette honnête. Moins de huit et les habitués s'ennuient ; plus de seize et vous tenez un magasin en fût. Imprimez la contenance en cl sur chaque ligne ou une fois dans le titre (12,5 cl est le défaut européen ; 10 cl paraît chiche ; 15 cl est un petit service qui se croit généreux). Un second prix pour un pot de 25 cl ou une carafe, si vous en servez, va sur la même ligne : « Chenin, Loire 2023 7 € / 18 € ».
Écrivez chaque verre comme producteur ou cuvée, région, millésime, prix. Un mot de style en plus (« macération », « oxydatif », « pet-nat ») est utile quand le vin surprendrait. Une phrase de notes de dégustation ne l'est pas : c'est le métier de la personne derrière le bar. Groupez par couleur ou par humeur (« vif », « savoureux », « doux et mutés »), pas par un arc-en-ciel d'icônes de cépages.
Les bouteilles en seconde face, pas en livre
La liste bouteilles peut être plus longue, mais elle doit encore tenir sur une ou deux faces d'un A4 plié ou un court livret A5 de huit pages au plus. Quarante à quatre-vingts bouteilles, c'est un bar à vins ; deux cents, c'est une cave qui devrait imprimer une liste à part et garder un carton court sur la table. Ordonnez par couleur, puis par région ou par poids, et gardez la même structure de ligne que les verres pour que le client n'apprenne pas une seconde langue.
Marquez les vins aussi au verre d'un petit symbole de verre ou d'un numéro partagé, une fois, toujours pareil. Ne réimprimez pas la description complète du verre sur la page bouteilles. Si la liste change chaque semaine, concevez les faces bouteilles comme un encart court et gardez stables les faces verres et assiettes. Une carte périmée le jeudi après-midi, c'est la conversation « on vient de vendre la dernière bouteille » à chaque table.
- Les pictogrammes Coravin ou au verre vont dans une colonne, 6 pt, pas en seconde couleur qui se bat avec la typo.
- Une ligne « au verre ce soir » ou « ouvert ce soir » en tête de la liste verres, datée ou laissée pour un stylo, vend plus que n'importe quel badge.
- Mutés, cidre et une bière ou deux peuvent partager un bloc compact ; ils ne doivent pas errer au milieu des rouges.
De petites assiettes qui savent qu'elles ne sont pas un dîner
Six à douze assiettes, c'est une cuisine de bar à vins. Fromage, une terrine, des anchois, un légume, une chose chaude, du pain et un dessert. Écrivez-les comme les vins : nom, deux composants, prix. « Comté 24 mois, pain aux noix, 9 €. » Une structure en trois plats (entrée, plat, dessert) transforme la salle en restaurant et la carte des vins en afterthought. Si vous tenez une formule du midi (deux assiettes et un verre à 22 €), donnez-lui un bandeau en haut de la face nourriture, horaires de semaine compris.
Les accords sur le côté nourriture marchent s'ils sont précis et rares : un vin sous deux ou trois assiettes, nommé comme sur la liste au verre. Un accord sous chaque assiette, c'est un sommelier qui joue au serveur sur le papier, et ça se périme dès que la liste verres bouge.
Typo, papier et une salle qui parle
Les bars à vins sont plus bruyants et souvent plus sombres que les salles. 11 pt minimum sur la liste au verre, une serif qui tient les accents et les millésimes (chiffres old-style si la police les a), une sans pour la nourriture si vous voulez une coupure. Évitez la script de livre de cave et la grotesque tout en capitales de poster vin nature. Une couleur d'accent, en général celle de l'enseigne. Papier 350 g mat, crème ou gris pâle, soft-touch pour survivre aux ronds de rouge et aux anchois huileux.
L'A4 plié est le défaut : verres et suggestion du soir à gauche, assiettes à droite, bouteilles au dos ou en encart glissé. L'A5 ne marche que si la liste bouteilles est courte ou vit ailleurs. Ne mettez pas la liste bouteilles complète sur un QR code comme seule option ; un code est un secours pour la cave à 200 références, pas un substitut aux seize verres.
Sulfites, allergènes et la ligne d'honnêteté
Les sulfites sont dans presque tous les vins ; le règlement 1169/2011 veut encore qu'ils soient identifiables, plus les allergènes des assiettes. Une ligne sulfites au pied des faces vins (« contient des sulfites ») et une légende numérotée sur la face nourriture suffisent. Si vous servez des vins sans soufre ajouté, marquez-les d'une petite note, pas d'un manifeste. Ceux que ça intéresse demanderont ; les autres n'ont pas à lire un essai avant de commander un verre.
Réimprimer au rythme des fûts
Les verres changent plus vite que les bouteilles, les assiettes plus vite que les deux. Concevez trois blocs que vous mettez à jour séparément, et réimprimez la face verres chaque semaine s'il le faut. Une carte de bar à vins qui liste encore le Jura du mois dernier un samedi soir dit à la salle que vous avez arrêté de goûter. Gardez l'objet petit, la typo grande, et les assiettes à leur place.
Dans Menu Atelier, vous composez la liste au verre en colonne serrée, posez les assiettes en vis-à-vis et glissez les bouteilles au dos ou en encart. Vous passez d'A4 plié à A5 en un clic, vérifiez la carte en 3D, et téléchargez un PDF 300 dpi avec 3 mm de fonds perdus ou commandez le tirage sur carte 350 g mate avec pli rainé.