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Les titres de section d'une carte : entrées, petites assiettes ou autre chose ?

Comment nommer et ordonner les sections d'une carte pour que le client s'y retrouve : structure classique, formats à partager, sections par produit et titres qui égarent.

Les titres de section sont les seuls mots d'une carte que tous les clients lisent. Personne ne lit les 34 plats ; tout le monde lit les six titres, en deux secondes environ, pour décider où regarder. Si ces titres sont flous, le client lit toute la carte lentement et commande tard ; s'ils sont clairs, il va droit à la partie qui l'intéresse et commande avec assurance. Cet article vous aide à choisir des titres qui font ce travail : la structure classique par service et les cas où elle tient encore, les formats à partager, les alternatives par produit ou par moment, et les titres à la mode qui vous coûtent discrètement des couverts.

La structure classique et pourquoi elle tient toujours

Entrées, plats, desserts a survécu parce que cela correspond à la façon dont on mange au restaurant en Europe et à la façon dont une cuisine envoie. Pas besoin d'explication, le client sait combien de décisions prendre, et les prix se comparent au sein de chaque section. Si vous tenez un bistrot, une brasserie ou un restaurant de quartier avec des assiettes dressées, c'est presque certainement la bonne structure.

Ses limites apparaissent quand la cuisine ne rentre pas dedans. Un plateau de fromages, une soupe qui peut être entrée ou plat, un plat de pâtes qui est un plat en France et un primo en Italie, ou une série de plats conçus pour être partagés s'installent mal dans une grille à trois services. L'erreur est de les y forcer avec un astérisque. La meilleure réponse est d'ajouter un titre honnête : « À partager », « Pâtes », « Au feu de bois », et de garder les trois classiques pour le reste.

Petites assiettes et partage : nommer le format, l'expliquer une fois

Une carte construite pour le partage a un travail que ses titres doivent faire et qu'une carte classique n'a pas : apprendre au client comment commander. Les études de Cornell sur le comportement de commande sont nettes : l'incertitude sur la portion et la quantité retarde la commande et fait baisser le ticket ; une carte à partager qui ne dit pas « nous conseillons trois assiettes par personne » en obtiendra deux, et une table qui a encore faim.

Utilisez des titres qui décrivent la taille ou le rôle, par ordre croissant : « Pour grignoter », « Petites assiettes », « Grandes assiettes », « Accompagnements », « Douceurs ». Puis ajoutez une ligne sous le premier titre, en italique : « Les plats arrivent au fil de la cuisine ; trois ou quatre par personne font un repas. » Cette seule phrase évite la conversation gênée avec le serveur et augmente la commande moyenne. N'appelez pas tout « tapas » si vous ne servez pas de cuisine espagnole ; le mot porte une cuisine, pas seulement une taille.

Titres par produit ou par cuisson

Certaines cartes s'organisent mieux par ce qu'est la nourriture que par le moment où elle arrive. Un restaurant de poissons peut utiliser « Cru », « Coquillages », « Poissons entiers », « Friture ». Une rôtisserie : « À la braise », « À la poêle », « Salades », « Garnitures ». Une pizzeria : « Rouges », « Blanches », « Calzone ». Cela fonctionne quand la cuisine a vraiment un principe organisateur et que le client vient pour ce principe.

Le risque est de perdre entièrement la logique du repas, si bien que le client ne sait plus ce qu'est un dîner. Combinez les deux quand il faut : titres par cuisson au centre, titres classiques aux extrémités (« Pour commencer » avant, « Desserts » après). Et gardez des mots concrets. « De la mer » et « De la terre » sonnent élégant et disent moins au client que « Poissons » et « Viandes ».

Titres par moment : le midi, la formule, le soir

Quand la même carte sert plusieurs moments, les titres par horaire sont les plus clairs : « Le midi, de 12 h à 14 h 30 », « Toute la journée », « Le soir seulement ». La formule du midi mérite son propre titre avec le prix dedans (« Formule du midi, entrée-plat 19 €, entrée-plat-dessert 24 € ») et une règle claire de ce qui compte, parce qu'une formule dont la composition se déduit des notes de bas de page est une source de friction à l'addition.

N'éparpillez pas la formule sur la carte avec des symboles à côté des plats éligibles. Donnez-lui un bloc, listez-y les plats par leur nom même s'ils se répètent, et laissez la carte proprement dite vivre de son côté. La répétition coûte quelques lignes ; la confusion coûte une table.

Les titres qui égarent

Certains titres sont à la mode et presque toujours une erreur, parce qu'ils décrivent l'humeur de la cuisine plutôt que la décision du client.

  • « Pour ouvrir », « Au milieu », « Pour finir » et leurs variantes : charmants une fois, mais le client doit les retraduire en entrées et plats, et la traduction coûte un temps à chaque lecture.
  • « Les classiques », « Les signatures », « Les incontournables » : un titre qui dit que ces plats sont bons sous-entend que les autres ne le sont pas, et ne dit rien de ce qu'ils sont ni de quand ils arrivent.
  • « Sélection du chef » sans contenu : si c'est un menu dégustation, appelez-le menu dégustation et donnez le prix et le nombre de services.
  • Les sections à un seul plat. Un titre avec un plat dessous est un reste de changement de carte, pas une section. Fusionnez-la ou étoffez-la.
  • Les jeux de mots en titre. Gardez l'humour pour le mot du chef ; un titre qui demande une seconde lecture échoue à la seule chose qu'un titre doit faire.

Combien, dans quel ordre, et comment les composer

Cinq à sept titres, c'est la fourchette qui reste balayable sur un A4 ou un bifold A5. En dessous de quatre, les sections s'allongent et l'œil se perd ; au-dessus de huit, les titres deviennent eux-mêmes une liste à lire. Ordonnez-les dans la séquence du repas, ou dans la séquence de décision (boissons et grignotages d'abord si vous voulez que l'apéritif se commande tôt), et placez la section que vous voulez le plus vendre là où l'œil se pose en premier : haut de la page de droite sur un bifold, haut à gauche sur une carte simple.

Typographiquement, les titres doivent se distinguer nettement des noms de plats sans crier. Petites capitales à 11 ou 12 pt avec un interlettrage généreux, ou le caractère de titrage de votre identité à 14 ou 16 pt, avec au moins une ligne et demie d'espace au-dessus et une demi-ligne en dessous. Jamais de soulignement. Un filet sous le titre convient s'il est fin (0,25 pt) et de la couleur du texte. Si la carte est bilingue, le titre porte les deux langues sur une ligne (Entrées · Starters) au même corps ; c'est le seul endroit où deux langues côte à côte se lisent naturellement.

Les titres sont la carte du territoire

Tout le reste de la carte est le territoire ; les titres en sont le plan. Choisissez la structure qui correspond à la façon dont votre cuisine se mange vraiment, nommez chaque section avec le mot le plus simple qui convienne, expliquez la logique de commande une fois là où le format l'exige, et donnez aux titres assez d'espace et de poids pour être trouvés en deux secondes. Puis n'y touchez plus : le client apprend le plan d'une carte à la première visite et vous remercie de le retrouver à la seconde.

Dans Menu Atelier, les sections se créent au fil de la saisie ou du collage des plats et se renomment, se réordonnent et se fusionnent par glisser-déposer ; chacun des huit styles a son propre traitement des titres, des lettres à la craie de Café Chalk aux petites capitales interlettrées de Fine Dining Editorial, et la mise en page ajuste automatiquement l'espace autour des titres quand vous passez de l'A4 à l'A5 ou de la carte simple au bifold.

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