Tous les articles · · 5 min de lecture Cartes des boissons

Carte des boissons sans alcool : donner aux mocktails la même place qu'aux cocktails

Pourquoi la section sans alcool mérite le même soin de mise en page, de rédaction et de prix que les cocktails : placement, noms, verrerie et marges concrètes.

Un client sur quatre à une table européenne boit peu ou pas d'alcool un soir donné, et la carte qu'on lui tend lui dit en général où il se situe : une ligne Softs 3,50 € en bas de la dernière page. L'écart entre ce que ces clients paieraient volontiers et ce que la carte les invite à dépenser est l'une des corrections les moins chères de tout le restaurant. Cet article détaille comment placer, nommer, décrire et tarifer une section sans alcool pour qu'elle se lise comme un vrai choix et non comme une consolation, sans refaire toute la carte des boissons.

L'emplacement : à côté des cocktails, pas sous l'eau minérale

Le changement le plus efficace est la position. Une section sans alcool placée juste après les cocktails, dans le même traitement typographique, signale que le barman y a mis le même soin. Une section enterrée après les cafés et les jus signale l'inverse. Si votre carte des boissons est un dépliant deux volets, mettez cocktails et cocktails sans alcool sur la même double page intérieure, en deux colonnes ou superposés avec des titres de même graisse.

Donnez à la section un nom qui ne s'excuse pas. Mocktails est devenu courant mais garde un côté diminutif ; Sans alcool, Zéro degré, Sans spiritueux ou simplement Sobres sont plus nets. Dans un bistrot, un intitulé qui emprunte le ton du reste de la carte marche mieux qu'une étiquette clinique. Évitez le mot Virgin devant un nom de boisson ; il date la carte.

Nommer et décrire les boissons

Une boisson sans alcool justifie son prix en ayant un nom, une liste d'ingrédients et une description écrite avec le même rythme que les cocktails. Comparez la ligne Virgin Mojito, 6 € à Citron vert, menthe, sucre de canne, eau gazeuse, glace pilée, 7 €. La seconde est plus chère et se vend mieux, parce que le client comprend ce qu'il y a dans le verre et peut se le représenter.

Reprenez la structure descriptive de la section cocktails : la saveur de base d'abord, puis les modificateurs, puis la note finale ou la garniture. Mentionnez la texture et la température quand elles comptent (shaké au blanc d'œuf, servi long sur glace, chaud). Nommez le producteur quand vous utilisez un spiritueux sans alcool distillé ou un vin désalcoolisé ; les clients qui en achètent chez eux reconnaissent les marques et y lisent un gage de qualité.

  • Trois à six créations maison avec de vrais noms, pas la liste de tous les jus que vous stockez
  • Un vin effervescent désalcoolisé et, si vous en vendez, un tranquille, indiqués par producteur et cépage
  • Un ou deux sodas artisanaux ou shrubs introuvables en supermarché
  • Eaux et softs classiques dans un bloc compact en fin de section, tarifés mais pas décrits

Tarifer sans gêne

Les restaurateurs sous-tarifent régulièrement les boissons sans alcool, avec le sentiment qu'il n'y a pas d'alcool pour justifier le prix. Le client ne paie pas l'éthanol ; il paie le temps du barman, la verrerie, les agrumes frais et le fait d'être assis dans votre salle. Un cocktail sans alcool bien fait avec des ingrédients frais coûte 1 € à 2 € de matière et demande autant de temps qu'un gin tonic. Le vendre 7 € à 10 € dans un restaurant de ville, soit 70 à 80 % du prix d'un cocktail, est juste et attendu.

Gardez une colonne de prix cohérente avec les cocktails. Si les cocktails sont affichés 12, 13, 14 sans symbole monétaire à chaque ligne, faites de même pour les boissons sans alcool. Un passage soudain à 6,50 € avec deux décimales et un symbole marque la section comme une catégorie différente et moins chère.

Le cas du vin désalcoolisé

Dans l'Union européenne, un vin sans alcool ne peut porter le mot vin que sous des conditions précises (vin désalcoolisé ou partiellement désalcoolisé, depuis la réforme de la PAC de 2021), et leur qualité varie énormément. Si vous en proposez un, inscrivez-le dans la section effervescents ou blancs de la carte des vins avec la même mise en forme que les autres bouteilles, plus une mention discrète 0,0 % ou moins de 0,5 %. Ne créez pas un intitulé Vin sans alcool à part qui l'isole ; le client qui le cherche le trouvera là où il s'attend à trouver du vin.

Verrerie, garniture et ce que la carte sous-entend

La carte fait des promesses que le verre doit tenir. Si vous décrivez une boisson avec le vocabulaire d'un cocktail, servez-la dans un verre à cocktail, pas dans le tumbler du cola. Les clients qui ne boivent pas racontent que recevoir un verre visiblement différent et moins cher est le moment où ils se sentent mis à part. Le design de la carte et celui du service doivent raconter la même histoire.

Un détail pratique : indiquez le volume des longs drinks (25 cl, 33 cl) si vous l'indiquez pour les bières et les softs. La cohérence des unités sur toute la carte des boissons est une petite courtoisie typographique que les clients remarquent sans savoir la nommer.

Étiquetage et mentions légales

Les boissons sans alcool restent soumises à l'information allergènes du règlement 1169/2011 : blanc d'œuf dans un drink shaké, fruits à coque dans un sirop d'orgeat, sulfites dans un vin désalcoolisé, lait dans un soda crémeux. Utilisez la même abréviation d'allergènes que pour les plats, dans le même petit corps en fin de ligne, et gardez la légende complète à un endroit visible de la carte. Si une boisson utilise un spiritueux sans alcool contenant des traces (beaucoup en ont, jusqu'à 0,5 % vol.), une ligne en pied de section protège les clients qui évitent l'alcool pour des raisons médicales ou religieuses.

Ne décrivez pas une boisson comme sans sucre ou légère si vous ne pouvez pas le prouver ; les allégations nutritionnelles sont encadrées dans toute l'Union et une carte est une communication commerciale.

Une section qui se rembourse en une semaine

Déplacer les boissons sans alcool à côté des cocktails, leur donner de vrais noms et les vendre 7 € à 10 € au lieu de 4 € ajoute typiquement 2 € à 4 € au ticket moyen d'un client qui n'allait de toute façon pas commander de vin. Sur une salle de 60 couverts dont un quart ne boit pas, cela fait 30 € à 60 € par soir pour un changement qui coûte une réimpression de la carte des boissons. Testez un mois, regardez les ventes, retirez les deux boissons que personne ne commande.

Dans Menu Atelier, une carte des boissons se construit à partir de la même liste que la carte des plats, donc une section sans alcool reprend automatiquement le style de la section cocktails ; décrivez l'ambiance en une phrase, placez les deux sections côte à côte sur un deux volets, vérifiez le résultat en 3D et téléchargez les fichiers d'impression ou commandez les cartes imprimées.

carte boissons sans alcoolcarte mocktailscocktails sans alcool carteboissons sans alcool restaurantcarte softs restaurantvin désalcoolisé carte

Votre prochaine carte, conçue ce soir

Concevez gratuitement. Payez seulement au téléchargement ou à l’impression.