Carte à emporter : flyers, plis et carte de comptoir
Comment dessiner une carte à emporter : flyer, pli ou carte de comptoir, une typo qui survit dans un sac, les QR, et pourquoi il ne faut pas réduire la carte de salle en A6.

Une carte à emporter vit dans un sac, une poche, un tiroir sous un aimant, et parfois sous la pluie entre la porte et la voiture. Ce n'est pas une carte du soir plus petite. Réduire le rabat en A6, garder les descriptifs à 9 pt et la séquence dégustation, c'est ainsi que l'on obtient un prospectus que personne ne lit et un sac de papier payé au tarif 350 g. L'emporter, c'est un outil de trouvaille plus un rappel de revenir. Trois objets font bien ce job : un flyer bon marché que l'on peut jeter, un petit pli qui tient dans un portefeuille, et une carte de comptoir que l'on n'emporte pas. Choisissez celui qui correspond à la façon dont les gens quittent vraiment la salle.
Flyer, pli, comptoir : trois jobs
Le flyer, c'est un A5 ou un A6, 135 à 170 g couché, une ou deux faces, tiré par centaines parce qu'il meurt. Il liste les plats que l'on emporte vraiment (le burger, le poulet rôti, les six makis), un téléphone ou un QR vers la page de commande, les horaires, et la marque. Il ne liste pas le menu dégustation. Il n'a pas besoin de 3 mm de poésie sous chaque ligne. Le prix unitaire à 500 exemplaires en gangue numérique passe souvent sous 0,40 €. Traitez-le comme de l'emballage, pas comme un souvenir.
Le pli, c'est un DL (99 × 210 mm) ou un petit rabat A6, encore sur stock flyer, qui tient un peu plus : des rubriques, quelques prix, une légende allergènes. C'est ce que l'on tend à un concierge d'hôtel ou que l'on glisse dans une boîte aux lettres si on le fait encore. Rainez si le stock dépasse 170 g. Ne l'imprimez pas en 350 g soft-touch ; vous détesterez le gâchis dès que l'offre bougera.
La carte de comptoir reste de votre côté de la vitre. A5 ou A4, 350 g, parfois avec un petit chevalet, listant l'emporter du jour ou les horaires de livraison. Celle-là peut partager une finition avec la carte de salle parce qu'elle ne part pas. Les clients la photographient. Très bien ; dessinez une typo assez grande pour un téléphone à un mètre.
Une typo et une structure qui survivent au sac
Corps à 9–11 pt, titres de rubrique à 12–14, prix alignés, peu de descriptifs. Un client à emporter est debout ou dans une voiture. Il a besoin du nom, du prix, et de savoir s'il y a des fruits à coque. Gardez la ligne poireau brûlé sureau pour la carte du soir. S'il faut décrire, six mots.
Un QR est utile s'il va vers une page qui prend la commande, pas vers le carrousel d'accueil. Imprimez-le au moins à 20 mm, avec une marge calme, en vecteur, pas en capture d'écran. Testez-le dans l'embrasure, pas seulement au bureau. Un QR qui échoue dans la rue est pire qu'un numéro en 12 pt.
Les allergènes s'appliquent encore. Le règlement 1169/2011 ne s'arrête pas à la porte. Si le flyer est la source écrite pour un client qui ne s'assoit jamais, les 14 allergènes doivent être dessus ou le QR doit atterrir sur une page qui les liste avant le paiement. Un joli pli qui dit demandez-nous ne suffit pas pour une boîte fermée qui quitte l'immeuble.
- Flyer A5/A6, 135–170 g : la liste jetable, par centaines, les plats que l'on emporte vraiment.
- Pli DL ou A6 : concierge et poche, encore du stock bon marché, rainé s'il est fort.
- Carte de comptoir 350 g : reste en salle, typo grande, photographiable.
- QR vers la page de commande, 20 mm minimum, plus un téléphone auquel un humain répond.
Ne pas cloner la carte du soir
Le rabat du dîner est fait pour être tenu à table vingt minutes. L'objet à emporter est fait pour se décider en quarante secondes. D'autres plats gagneront. Une côte de bœuf pour deux ne voyage pas ; un plat en sauce trop liquide non plus, souvent. Construisez la liste à emporter à partir de ce que la cuisine assume après 20 minutes en boîte, puis dessinez cette liste. Copier la grille du soir et effacer quelques lignes vous laisse un vide et la mauvaise hiérarchie.
Marque et couleur peuvent accorder la salle pour que le sac se tienne encore comme vous. Le grammage, non. Un client qui trouve une carte 350 g dans le sac pensera que vous êtes perdu, ou s'en servira comme planche. Le soft-touch dans un sac gras s'abîme aussi en un trajet.
Si vous livrez via une appli, le flyer imprimé reste un rappel de la salle, pas un double de la grille de l'appli. Mettez sur le papier les plats que l'appli enterre (le potage, le plateau famille). Laissez l'appli faire le catalogue à 80 lignes.
Les tirages et l'offre qui bouge
Les listes à emporter bougent avec la cuisine et avec le temps. Tirez ce que vous tendrez avant la prochaine réécriture : 200 à 500 flyers est un vrai chiffre pour un coin animé ; 40 cartes de comptoir suffisent. Datez le flyer en 7 pt si l'offre est hebdomadaire. Jeter 80 A6 bon marché est sain. Jeter 80 rabats du soir ne l'est pas.
Fond perdu et traits de coupe comptent encore sur un flyer si la couleur touche le bord. 3 mm, 300 dpi pour toute photo de plat que vous tenez à utiliser. Je préfère une marque forte et pas de photo à un burger boueux à 72 dpi. Votre imprimeur ganguera ça avec d'autres jobs ; c'est pour ça que c'est bon marché. Ne demandez pas un rabat 350 g rainé au tarif flyer.
Laisser chaque objet faire un job
La carte de salle reste en salle. Le flyer part. La carte de comptoir reste de votre côté de la vitre. Quand ces trois objets partagent une marque et une typo mais pas un papier, la salle se tient encore comme un lieu, et vous ne réimprimez pas la liste du soir parce que le dumpling est épuisé.
Menu Atelier est fait pour l'objet de salle, A4 ou A5, feuille ou rabat, à voir en 3D et à exporter à 300 dpi avec 3 mm de fond perdu. Servez-vous de ce fichier comme source de typo et de marque pour une face à emporter plus simple, imprimée souvent et pour pas cher. Commandez le tirage 350 g soft-touch, 99 € plus 10 € l'exemplaire, pour les cartes qui restent sur la table ; laissez au sac un flyer qui a le droit de mourir.